Le mois de septembre est là et, avec lui, la rentrée des classes. Pour accompagner ce grand moment de l'année, nous vous proposons une petite sélection d'abécédaires pour la jeunesse.
Ces petits livres destinés aux enfants qui apprennent à lire constituent l'un des plus anciens genres destinés à la jeunesse. Ils ont été abondamment publiés, en étant le plus souvent accompagnés d'illustrations : vie quotidienne, jouets, animaux, métiers, histoire, géographie, il en existe sur tous les sujets. Les abécédaires présentés datent de la seconde partie du 19ème siècle et du tout début du 20ème siècle.
La structure varie peu d'un abécédaire à l'autre : tous s'inspirent de la méthode déjà utilisée sous l'Ancien Régime, qui reste prédominante tout au long du XIXe siècle. Ils suivent les étapes progressives de l'apprentissage de la lecture. L'enfant apprend l'alphabet, puis les syllabes et quelques mots. Il peut encore commencer à déchiffrer de courtes phrases puis des textes de plus en plus longs. Cette méthode est dite syllabique.
La bibliothèque numérique de la BnF, Gallica, a consacré une page de son site aux abécédaires. Il y est expliqué que :
« L’abécédaire participe à l’essor des marchés du livre pour enfant et du livre scolaire, permis par le vaste mouvement d’alphabétisation que viennent parachever les lois Ferry des années 1880. Comme les autres livres et la presse, il est de plus en plus gagné par l’image, ce qui lui vaut de pénétrer dans tous les foyers.
L’abécédaire s’apparente à un objet symbolique qui marque le passage de l’enfance à l’âge de raison et à la culture écrite. Il fourmille donc d’indications sur les valeurs (obéissance, tempérance, travail) que la société entend inculquer à la génération suivante. Il n’offre donc pas seulement une initiation à la lecture, mais un véritable apprentissage de la vie en société. »
Source : Bibliothèque nationale de France (BNF), Gallica, « Abécédaires », [en ligne], https://gallica.bnf.fr/selections/fr/html/abecedaires (consulté le 28/08/2025)
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-32573
Cet ouvrage est un militaria, soit un objet de collection en lien avec le domaine militaire.
Il est à la fois une méthode de lecture syllabique et une histoire donnant à voir les uniformes des différents corps de l’armée.
L’histoire retrace le parcours de Félix, un petit garçon dont le père est officier. Un beau jour, il l'accompagne au camp militaire et en revient émerveillé. Il souhaite alors apprendre à lire et à écrire pour, lui aussi, devenir officier (voire général !).
Publié pour la première fois en 1899, l’ouvrage reflète fidèlement l'esprit patriotique de la Troisième République. Après la défaite de 1870 et la perte de l’Alsace-Moselle, la France connaît un sentiment de frustration durable et extrême qui contribue à la montée du nationalisme et du revanchisme. Les lois Jules Ferry de 1881-1882, en rendant l’école obligatoire, gratuite et laïque, visent aussi à former de futurs citoyens patriotes et disciplinés, prêts à défendre la patrie. Dans ce projet, l’enseignement de l'histoire, de la géographie et de l'instruction civique occupe une place importante. Le patriotisme se retrouve naturellement également dans la production éditoriale à destination de la jeunesse.
Richement illustré par Louis Bombled, spécialiste des scènes militaires, le livre propose 25 compositions et de nombreux dessins en chromolithographie. L'enfant peut y découvrir les uniformes des armées de la Révolution, du Premier Empire et de la IIIe République (ceux encore portés par les soldats en 1914).
Ce document a été numérisé en 2013 par la médiathèque et sera prochainement disponible sur le nouveau portail consacré au patrimoine numérisé de la médiathèque.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-32636
Cet ouvrage est un exemple classique d'abécédaire du XIXe siècle inspiré de la méthode syllabique : l'enfant apprend dans un premier temps l'alphabet (majuscules et minuscules), puis les syllabes et quelques mots. Il peut ensuite déchiffrer des phrases simples, puis des textes de plus en plus longs. Le texte est accompagné d’illustrations lithographiées et coloriées représentant des animaux.
Ce document a été numérisé en 2013 par la médiathèque et sera prochainement disponible sur le nouveau portail consacré au patrimoine numérisé de la médiathèque.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-32726bis
Cet abécédaire est là encore une méthode de lecture syllabique. Sa particularité réside dans ses illustrations réalisées par Théophile Schuler, peintre, illustrateur et graveur français. Chaque gravure représente une scène dans laquelle est cachée une des lettres de l'alphabet. Le B est représenté par un arbre debout derrière lequel sont couchés deux gros troncs d'arbres. Le T est figuré par un pressoir. Le Y est incarné par un acrobate en équilibre sur ses mains qui écarte les jambes.
Ce livre a été publié par Hetzel, un éditeur emblématique du 19ème siècle qui est à l’origine des belles éditions des romans de Jules Verne. La bibliothèque de Gaëtan Sanvoisin en comporte un grand nombre.
Ce document a été numérisé en 2013 par la médiathèque et sera prochainement disponible sur le nouveau portail consacré au patrimoine numérisé de la médiathèque.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-33450
Cet abécédaire d’imagerie a été réalisé à destination des petites filles. Le texte est accompagné d’illustrations coloriées au pochoir. Au 19ème siècle, pour se démarquer des manuels scolaires,
Une maîtresse lit un abécédaire sur la couverture.
Au XIXe siècle, il existe également des manuels et méthodes de lecture, plutôt austères et rarement illustrés. Les abécédaires choisissent une autre voie, celle de l’illustration et de la couleur.
Ce document a été numérisé en 2013 par la médiathèque et sera prochainement disponible sur le nouveau portail consacré au patrimoine numérisé de la médiathèque.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-32580bis
A.B.C. de Jules Lemaître n’est pas une méthode de lecture à proprement parler. C’est un recueil de contes dans lequel Jules Lemaître consacre à chaque lettre une petite histoire. Le texte est accompagné de dessins pleins d’humour et de raffinement de Job (qui est connu pour ses illustrations de livres pour enfants autour de Napoléon, de l’histoire de France, des animaux…).
Ce document a été numérisé en 2013 par la médiathèque et sera prochainement disponible sur le nouveau portail consacré au patrimoine numérisé de la médiathèque.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Gaëtan Sanvoisin, cote GS-34684
Dans cet ouvrage, l’auteur propose une méthode pas-à-pas semblable aux autres qui ont été présentées, mais avec encore davantage de petits exercices annexes « pour apprendre à observer et à réfléchir », « à compter », « à parler »… Cette méthode assez complète vise donc à faire travailler la lecture et l’écriture, mais également l’arithmétique et l’expression orale.
Il semblerait que, de tous les abécédaires conservés à la médiathèque, il ait été le plus utilisé… En témoignent les annotations manuscrites d’une main d’enfant que l’on peut observer à presque toutes les pages. Mais qui est l’enfant qui a tracé ces lettres ? Il y a de grandes chances que ce ne soit autre que Gaëtan Sanvoisin, le journaliste moulinois qui possédait ce livre et qui l’a légué (avec le reste de sa bibliothèque) à la ville de Moulins en 1975. En 1901, à la publication du livre, il est alors âgé de 6 ou 7 ans, soit l’âge auquel on apprend à lire et à écrire.
Nous conservons également sa correspondance et ses archives à la médiathèque : vous pouvez comparer par vous-même l’écriture des annotations du livre avec la graphie de la première lettre qu’il a rédigée pour son grand-père.
