Venez découvrir les nouvelles vitrines consacrées au patrimoine. Ce mois-ci nous vous proposons des vues de la rivière Allier au 19e siècle. Si l'Allier représente aujourd'hui un élément phare de la vie à Moulins avec ses longues promenades sur les berges aménagées et sa mise en valeur grâce à la maison de la rivière, sa représentation sur les gravures anciennes n'est pas si fréquente et vous verrez en observant ces gravures que tout a bien changé.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Bourbonnais, cote G-BOU-025 et BB-1581
Cette gravure isolée qui date d'environ 1835 est extraite du Guide pittoresque du voyageur en France. Tome 2. Par une Société de gens de lettres, de géographes et d'artistes ; par Girault de Saint-Fargeau. Publié à Paris par F. Didot frères en 1838.
Il n'est pas facile de déterminer l'emplacement exact de cette vue tant les choses ont changé, peut-être au pied du nouveau pont, du côté de la Madeleine, au niveau de l'actuelle rue de la gare aux bateaux, puisque les bateaux et leurs passagers semblent quitter la rive.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Sanvoisin, cote GS-11041-1
Cette vue de Moulins semble prise à peu près au même endroit que la précédente, seule l'activité humaine a changé puisque l'on voit ici des scieurs de long, qui préparaient sans doute la cargaison du bateau amarré. L'Allier est longtemps restée une voie de circulation des marchandises indispensable en Auvergne. La navigation y était intense et les bateaux nombreux.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Bourbonnais, cote G-BOU-231
Cette vue de Moulins ne figure pas dans les livres de Desrosiers. On aperçoit au fond le pont Régemortes, la Mal coiffée, la collégiale (la cathédrale ne sera construite qu'à partir de 1852) et le Jacquemart sur la droite de l'image. Plusieurs bateaux au premier plan qui transportent du bois mais aussi des femmes et des enfants, et près du pont un bateau à vapeur beaucoup plus important.
Elle comporte un cachet à sec de la Société centrale des amis des arts en province exposition 1841 Moulins Allier. Ces sociétés artistiques se sont beaucoup développées en France au 19ème siècle, avec la mission de promouvoir le goût pour les arts et d'encourager la création artistique en organisant des expositions. Moulins n'a pas échappé à cette mode puisqu'une société a été créée en 1836, restée active jusqu'en 1848. (Source AGORHA/INHA)
Edmond Tudot : c'est grâce à Pierre-Antoine Desrosiers que ce Belge, né à Bruxelles en 1805, vint se fixer à Moulins en 1833. L'imprimeur moulinois avait fait appel à lui pour collaborer à l'exécution de l'Ancien Bourbonnais. En 1834 Tudot est nommé professeur de dessin au Lycée et directeur de l'école communale de dessin, à la suite de Claude-Henri Dufour. Il est aussi l'auteur d'un traité de lithographie publié dès 1833. C'est donc tout naturellement qu'il est employé par Desrosiers aux côtés de Sagot, Durand, Gigoux, Courtin... pour réaliser les planches de l'Ancien Bourbonnais, puis de l'Art en Province et de l'Ancienne Auvergne (dans ce dernier ouvrage pas moins de 60 planches sur 144 sont de Tudot). Il devient par la suite conservateur du Musée et s'intéresse à l'archéologie et particulièrement aux statuettes de terre blanche gallo-romaines. Il meurt à Moulins en 1861.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Bourbonnais, cote BB-2386
La France illustrée est une somme géographique qui recense tous les départements, avec leur description, leur histoire, tous les éléments statistiques, illustrée de gravures. Elle est due à Victor-Adolphe Malte-Brun, géographe et cartographe français (1816-1889). Elle a paru en livraisons, reliées ensuite en plusieurs volumes.
Le fascicule sur l'Allier s'ouvre sur cette vue de Moulins, dessinée par Hubert Clerget, prise au pied du pont Régemortes, du côté de la maison de la rivière. La vue nous est plus familière : cathédrale et Sacré-Cœur sont là, ainsi que le début de la promenade sur l'actuel quai d'Allier. Les bateaux sont absents, le chemin de fer a fait son apparition avec la ligne de Paris à Lyon et à la Méditerranée détrônant ainsi le transport fluvial.
