Le catalogue en ligne de votre médiathèque

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Retrouvez dans cet article toutes les vitrines de 2024 !

Pour bien commencer la nouvelle année, nous vous proposons de reprendre notre rétrospective chronologique du livre imprimé là où nous l’avions interrompue.

Au programme ce mois-ci : la gravure sur bois de bout dans les livres du 19e siècle. Venez en apprendre plus sur ce procédé mis au point à la fin du 18e siècle qui permet de produire des illustrations presque aussi fines qu’avec la gravure sur cuivre.

Pour célébrer la nouvelle année qui commence, nous vous proposons un recueil de planches consacré aux douze mois de l’année. Et pour égayer le mois de janvier, nous avons sorti de nos magasins un exemplaire d’une édition des Œuvres de Rabelais dont les illustrations pleines de détails et extrêmement fines ont été réalisées par le célèbre Gustave Doré. Et comme les autres mois, nous tournerons les pages chaque semaine !

À venir découvrir du 10 janvier au 2 avril dans les vitrines situées à l'entrée de la Médiathèque Samuel Paty. Pour d’autres ouvrages du 19e siècle, mais contenant cette fois-ci des lithographies, rendez-vous le 3 avril.

Point d'histoire

Nous l’avons vu, les livres du 18e siècle sont essentiellement illustrés de gravures sur cuivre. Si celles-ci sont beaucoup plus fines et élégantes que les gravures sur bois, elles ont le désavantage de nécessiter une presse distincte de celle utilisée pour le texte, puisque la gravure sur cuivre est un procédé en creux et l’impression du texte un procédé en relief. C’est une technique qui est coûteuse en matériel (puisqu’il faut posséder deux presses différentes), mais également en temps et en main d’œuvre (puisqu’il faut passer chaque feuille une fois sous chacune des presses).

Thomas Bewick, en inventant la gravure sur bois de bout à la fin du 18e siècle, va permettre aux imprimeurs de retrouver à la fois la finesse de la gravure et le procédé en relief, donc la possibilité d’imprimer du texte et de l’image en même temps, comme lors des débuts du livre imprimé, ce qui représente une aubaine dans ce siècle où l’alphabétisation s’accélère.

Thomas Bewick décide de graver le bout d'un bloc de bois plutôt que le côté, d'où le nom donné à cette technique, la « gravure sur bois de bout ». Le fil du bois étant perpendiculaire à la surface à graver, il n'oppose plus la direction de ses fibres, et permet un travail beaucoup plus fin. Thomas Bewick utilise pour graver cette surface très dure aussi bien l'outil de gravure utilisé pour le cuivre, le burin, que la gouge, qui possède un écartement en V. Graver le bois de cette manière produit des images aux détails beaucoup plus fins que la gravure sur bois de fil, et assez proches de celles produites en gravant sur des plaques de cuivre.

Cette nouvelle technique engendre un véritable renouveau de la gravure sur bois qui va inonder les livres illustrés du 19e siècle et voir l’émergence de nombreux artistes du livre. Dans un siècle d’essor de la presse et de démocratisation de l’imprimé, la gravure sur bois de bout devient un des moyens privilégiés d’illustrer les livres, journaux et autres supports de l’écrit.

12 Mois de l'Année : recueil de gravures / dessins de Ch. Jacque ; gravures par Adrien Lavieille. - in-folio.
Note manuscrite de Belin au crayon « Premier tirage avant le texte sur chaque planche »
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, cote R-ATL-31431

Ouvrage rare et original, les 12 Mois de l’Année : recueil de gravures est un livre étonnant : sans page de titre ni texte imprimé, il comporte uniquement 12 planches gravées consacrées chacune à un mois de l’année. Pour comprendre la raison d’être de cet ouvrage, il faut regarder du côté du journal L’Illustration. En 1852, au début de chaque mois, cet hebdomadaire a fait réaliser et publier une gravure en l’honneur du mois en cours. La série est annoncée en volume séparé par l’éditeur parisien A. Lévy fils dans L’Illustration du 8 janvier 1853 sous le titre Album de sujets rustiques, et est rééditée en 1859. A. Levy fils fait appel à l’imprimeur J. Claye pour mener à bien son projet.

Voilà un signe que nous sommes alors bien au 19e siècle : les planches sont pensées avant tout pour la presse, avant d’être publiées plus tard dans un livre recueil, à la manière des romans feuilletons qui se développent dans ces mêmes années. Les planches sont ici regroupées et republiées pour la qualité de l’illustration : le texte n’est pas reproduit, d’où les grands rectangles blancs qui parsèment les pages. Leur format s’explique également par le fait qu’elles aient été réalisées pour la presse.

Chacune des 12 planches propose une description des travaux des champs et de la ferme qui sont effectués traditionnellement au cours du mois. Ainsi, en janvier, on débarde les bois, tandis qu’en février, on taille la vigne et on remplace les arbres morts. Le mois de mars est consacré à labourer et à herser, avant de semer les pommes de terre en avril. Les vaches sont remises au pré en mai, puis les moutons sont tondus en juin. La récolte du colza a lieu au mois de juillet, tandis que l’on se consacre à lier les gerbes de blé en août. Les mois de septembre et d’octobre sont consacrés respectivement à la récolte des pommes et aux vendanges. Enfin, en novembre et en décembre, on rentre les bêtes au chaud et on se consacre aux petits travaux de la ferme. Le calendrier des 12 Mois de l’Année s’inscrit dans la lignée des calendriers que l’on retrouve déjà dans les livres d’heures médiévaux, tel que celui très célèbre qui s’intitule les Très Riches Heures du Duc de Berry.

La réalisation de ces planches est le résultat du travail de deux hommes : l’illustrateur Charles Jacque et le graveur Adrien Lavieille. Tous deux sont des artistes proches de l’école de Barbizon, qui regroupe une génération de peintres paysagistes établis autour du village de Barbizon et de la forêt de Fontainebleau. Adrien Lavieille provient d’une famille de peintres et de graveurs et se consacre à la peinture de la campagne, témoin d’une époque où les campagnes se transforment. Charles Jacque réalise quant à lui également un grand nombre de paysages et de scènes de la vie quotidienne à la campagne.

Les planches d’Adrien Lavieille d’après Charles Jacque ont sans doute constitué une source d’inspiration pour les artistes de leur époque ainsi que pour ceux des décennies suivantes. Elles ont contribué à développer et à faire connaître la peinture de paysage, et elles sont parmi les premières à accorder une place importante aux sujets de la vie agricole et à faire entrer dans l’intimité des hommes et femmes des campagnes du 19e siècle.

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Rabelais illustré par Gustave Doré. – Paris : Garnier, [1873]. - 2 volumes.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Sanvoisin, cote GS-25689

C’est alors qu’il n’est encore qu’un jeune enfant que Gustave Doré se prend de passion pour l’œuvre de Rabelais, et pour les aventures de Gargantua et de Pantagruel. A seulement 21 ans, il participe à une première occasion à l’élaboration d’une édition des Œuvres de Rabelais, illustrée de 104 dessins et de 14 planches hors-texte, qui paraît en 1854 chez J. Bry aîné à Paris. L’ouvrage rencontre un grand succès et permet au jeune Gustave Doré de se faire connaître et reconnaître comme illustrateur et plus seulement comme caricaturiste.

En 1868, il a une nouvelle occasion d’illustrer les Œuvres de Rabelais. Il réalise 550 nouvelles planches en vue de l’élaboration d’une édition de luxe chez Garnier frères en 1874. Beaucoup plus ambitieuse que l’édition de 1854, cette nouvelle édition ne compte pas moins de 718 illustrations dont 60 planches hors-texte imposantes. Gustave Doré, qui se montre extrêmement perfectionniste, choisit lui-même à quels graveurs il désire confier la réalisation de ses dessins. Un grand nombre des gravures est signé Héliodore Pisan, qui n’est autre que le principal graveur de Gustave Doré. Une multitude d'autres graveurs ont également participé : Paul Jonnard, Noël Eugène Sotain, Olympe Brux, Joliet…

Gustave Doré a su s’emparer parfaitement de l’univers de Rabelais qu’il admire tant. Ses illustrations pleines de détails oscillent entre comique et grotesque et retranscrivent brillement l’univers médiéval aux accents fantastiques de Rabelais.

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Un nouveau mois arrive et, avec lui, de nouvelles vitrines du patrimoine à découvrir ! 

Au programme ce mois-ci : la lithographie dans les livres du 19e siècle, un procédé novateur qui repose sur l’utilisation de la pierre pour réaliser des gravures.

Pour découvrir cette technique d’impression, nous vous proposons deux livres édités et imprimés… à Moulins ! Un recueil de poèmes d’origine médiévale de 1838 et un atlas sur l’ancienne Auvergne et sur le Velay des années 1840, tous les deux copieusement illustrés, évidemment. Et comme les autres mois, nous tournerons les pages chaque semaine.

À venir découvrir du 3 avril au 2 juin dans les vitrines situées à l'entrée de la Médiathèque Samuel Paty. A partir du 4 juin, nous vous proposerons des livres sur les animaux, en lien avec l’exposition Frank Pizon.

Point d'histoire

Continuons notre exploration des techniques de gravure et d'impression en vogue au 19e siècle. Après la gravure sur bois de bout, il est temps de présenter la lithographie (ou gravure sur pierre), sans doute la plus célèbre des techniques d'impression pour le 19e siècle.

La lithographie est inventée en 1796 à Munich par Aloÿs Senefelder, un acteur et dramaturge allemand qui a aussi été inventeur. Souhaitant imprimer ses propres pièces de théâtre, mais trouvant les techniques traditionnelles d'imprimerie trop coûteuses, il expérimente plusieurs procédés jusqu'à mettre au point par hasard la technique de la lithographie, fondée sur le principe de répulsion réciproque de l'eau et du gras.

Pour réaliser une lithographie, l'artiste exécute tout d'abord un dessin avec une encre ou un crayon gras sur une pierre calcaire préalablement poncée. La pierre est ensuite préparée en vue du tirage : on la lave avec une solution d'acide nitrique qui fixe le dessin, puis on l'enduit d'une couche de gomme arabique destinée à protéger les parties qui doivent rester blanches. La pierre est ensuite humidifiée, puis encrée : on passe le rouleau sur toute la surface du dessin, mais l'encre n'adhère que sur les parties dessinées au crayon gras ! La pierre est ensuite installée sur le chariot de la presse et elle est recouverte d'une feuille de papier humecté. La pression exercée lors du passage de la presse permet de transférer l'encre sur le papier. Après le passage de la presse, on récupère la feuille et on la met à sécher, puis on recommence autant de fois qu'on le désire. L'image imprimée est inversée par rapport à l'image dessinée.

Il est possible de réaliser des lithographies en couleurs en superposant des zones colorées : on utilise donc une pierre par couleur. L'artiste dessine chaque couleur sur une pierre différente, puis on encre ensuite chaque pierre de la couleur voulue et on tire tour à tour les différentes pierres sur la même feuille de papier.

La lithographie, comme l'avait souhaité Aloÿs Senefelder, est un procédé plus rapide, plus simple et plus économique que la gravure sur bois ou sur cuivre. Les pierres sont réutilisables de nombreuses fois, puisqu'il suffit de grainer la surface pour enlever le dessin précédent et pour avoir à nouveau une pierre lisse. Certaines pierres lithographiques du 19e siècle sont encore utilisées aujourd'hui.

Elle permet aussi une plus grande liberté dans le dessin, puisque l'artiste peut directement dessiner sur la pierre, comme il le ferait sur du papier, contrairement aux techniques de gravures sur bois ou sur cuivre : avec la lithographie, il n'y a plus besoin de faire appel à un graveur ou de suivre un long apprentissage pour réaliser des gravures ! Elle est par conséquent beaucoup employée dans les journaux du fait de sa rapidité d'exécution.

Elle favorise également une large diffusion de l'imprimé et de l'illustration dans la société au cours du siècle. La lithographie a véritablement révolutionné l'art de la gravure à la fin du 18e siècle et surtout au début du 19e siècle. D'ailleurs, l'essor de la caricature au 19e siècle est en partie dû à la popularisation de la lithographie : les caricatures deviennent faciles et très peu chères à réaliser, à reproduire et à diffuser !

Les Douze dames de rhétorique [par Montferrand. Accompagnées de la Correspondance échangée entre Monferrand, Robertet et Chastellain] publiées pour la première fois, d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, avec une introduction par Louis Batissier et ornées de gravures, par Schaal – Moulins, P.-A. Desrosiers fils, 1838 - in-folio.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, cote R-FOL-20876

Les Douze dames de rhétorique est à l’origine un texte médiéval du 15e siècle qui se présente sous la forme d’échanges épistolaires entre quatre protagonistes (Jean Robertet, Georges Chastellain, le sieur de La Rière et M. de Montferrand, gouverneur de Jacques de Bourbon) accompagnés d’un recueil de douze poèmes sur les « douze dames de rhétoriques », des personnifications allégoriques de la science, de l’éloquence, de la profondeur, etc.

C’est Louis Batissier, un médecin, archéologue, inspecteur des monuments historiques et critique d'art né à Bourbon-l'Archmabult, qui en propose la première édition intégrale moderne, en 1838. Le texte est accompagné de 15 lithographies réalisées par Louis Jacques Nicolas Schaal. Ces lithographies ont la particularité de reproduire les enluminures du manuscrit du 15e siècle des Douze Dames de rhétorique conservé à la BnF (sous la cote Français 1174). Au-delà des enluminures, c’est toute la mise en page qui est inspirée du manuscrit : les lettrines imprimées imitent des lettrines manuscrites, les titres des poèmes sont imprimés avec des caractères d'inspiration gothique... Néanmoins, la finesse des encadrements, l’utilisation de la typographie romaine et l’usage de la lithographie trahissent le fait que l’on se trouve face à un ouvrage du 19e siècle. Le projet éditorial n'est pas d'imiter ou de plagier, mais plutôt de rendre hommage à cette œuvre médiévale, témoignant bien du goût, de l'intérêt et de l'admiration pour le Moyen Âge qui s’expriment au 19e siècle.

La réalisation de cette édition est l'œuvre de l'imprimeur Pierre-Antoine Desrosiers, installé à Moulins. Sa famille, originaire du Forez, s'est installée à Moulins vers 1760. Son propre père, Louis-Toussaint (1769-1856), devient imprimeur après s'être marié avec la fille d'un libraire. Pierre-Antoine (1799-1873), troisième fils du couple, va lui-même épouser la fille d'un des quatre imprimeurs moulinois, puis il va prendre sa suite en 1824 et devenir l'imprimeur le plus important de la ville. Si son travail ne diffère guère de celui de son père au début, il va progressivement le moderniser, notamment en adoptant l'impression lithographique, lui permettant de publier des ouvrages illustrés comme celui présenté ici.

L’ouvrage a été numérisé et est disponible sur le site de la médiathèque.

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L'Ancienne Auvergne et Le Velay. Histoire, archéologie, moeurs, topographie... Tome IV / Adolphe Michel. – Moulins, P.-A. Desrosiers - in-folio.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, cote B-ATL-MIC-4

Le tome IV de L’Ancienne Auvergne et Le Velay est le dernier tome d'une série de volumes consacrés à ces deux régions, parus entre 1843 et 1849 à Moulins. C'est la première description "pittoresque" de l'Auvergne, province alors encore assez isolée et mal connue au début du 19e siècle. C'est avec cette série de publications que l'Auvergne et le Velay ont été rapprochées et associées. Le Velay, historiquement, appartient davantage à la sphère géographique et culturelle du Languedoc.

Les différents tomes ont été élaborés par Adolphe Michel, Henry Doniol, Henri Durif et Francisque Mandet, des historiens et hommes de lettres natifs ou spécialistes de l'Auvergne. Chacun s'est chargé d'une zone de l'Auvergne et du Velay : Henry Doniol compose la partie sur la Basse-Auvergne, Henri Durif celle sur la Haute-Auvergne, et Francisque Mandet celle sur le Velay, tandis qu'Adolphe Michel dirige la publication. Ce dernier a auparavant déjà travaillé à l’élaboration de la seconde édition de L'Ancien Bourbonnais aux côtés de Louis Batissier, d'après les papiers laissés par Achille Allier à sa mort.

Pour L'Ancienne Auvergne et le Velay, comme pour L'Ancien Bourbonnais ou Les Douze dames de rhétorique présenté plus tôt, c'est Pierre-Antoine Desrosiers, l'imprimeur le plus important de Moulins au 19e siècle, qui se charge d’éditer et d’imprimer cette série de volumes.

Desrosiers a le souhait de produire de beaux livres illustrés lithographiés. L'ouvrage comprend ici 144 planches lithographiées, dont 6 en chromolithographie (c'est-à-dire lithographiées en couleurs). Les gravures sont variées : on y trouve aussi bien des vues et des monuments que des plans, des portraits ou encore une présentation des différentes coiffes régionales.

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Afin d’accompagner l’exposition de Frank Pizon autour de la photographie animalière, nous vous proposons en juin et en juillet quelques ouvrages illustrés au moyen de « l’ancêtre » de la photographie animalière, la gravure animalière !

Et en matière de gravure animalière, l'un des ouvrages emblématiques et exceptionnels n’est autre que l'Histoire naturelle de Buffon édité entre 1788 et 1804, qui fait date dans le domaine des sciences de la nature. Nous vous proposons de découvrir deux des volumes conservés dans les fonds patrimoniaux de la Médiathèque Samuel Paty. Connaissant un immense succès dès sa parution, l'Histoire naturelle est rapidement adapté et vulgarisé chez un grand nombre d'éditeurs. Les éditions sont aussi différentes que nombreuses : plus ou moins illustrées, au moyen d'illustrations de plus ou moins grande qualité, avec des gravures sur bois ou sur cuivre réutilisées ou créées pour l'occasion (parfois imprimées en couleur), avec plus ou moins de texte, dans des formats plus ou moins imposants… Nous vous en proposons ici deux, parmi les nombreuses éditions différentes dont la Médiathèque Samuel Paty conserve un exemplaire.

Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du roy. / Georges-Louis Leclerc de Buffon. – Paris, Imprimerie royale, 1749-1804 – In-4.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, cotes 21502 et 21521

Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788) est un homme de sciences et de lettres français, qui a été aussi bien naturaliste, mathématicien, biologiste et cosmologiste, que philosophe et écrivain.

Entreprenant et doué, il s’installe à Paris et se forge progressivement un nom dans le domaine des mathématiques et de la botanique, au point d’être nommé intendant du Jardin du roi en 1739. Il se consacre dès lors quasi exclusivement à l’histoire naturelle. Il transforme le Jardin royal des plantes et en fait un lieu de recherches et d’enseignement ainsi qu’un musée. Il agrandit, embellit et réorganise le Jardin royal des Plantes, faisant venir du monde entier de nouvelles essences d’arbres. Également administrateur du Cabinet d’Histoire Naturelle du roi, situé dans le Jardin des Plantes, il travaille à enrichir les collections et fait ouvrir au public le cabinet. Les collections formées par Buffon constituent la base des collections du Muséum national d’histoire naturelle et du musée de l’Homme que l’on peut encore visiter aujourd’hui.

Buffon a fait publier de nombreux ouvrages scientifiques, mais il est principalement connu pour son œuvre majeure, l’Histoire naturelle, publiée en 36 volumes pour l’édition originale. Elle contient plusieurs séries :  Histoire de la Terre et de l’Homme, Quadrupèdes, Oiseaux, Minéraux, Suppléments. De son vivant, Buffon en fait éditer 35. Pour élaborer ses volumes, il s’entoure de collaborateurs doués afin de l’assister dans ses descriptions anatomiques. Buffon attache également beaucoup d’importance aux illustrations, qu’il confie à Jacques de Sève pour les quadrupèdes et à François-Nicolas Martinet pour les oiseaux. Au total, son œuvre contient près de 2 000 planches gravées sur cuivre. L’Histoire naturelle connait immédiatement un grand succès. Elle est rééditée à de multiples reprises, traduite rapidement en plusieurs langues et adaptée pour les enfants au siècle suivant.

Buffon meurt en 1788, avant d’avoir pu achever et publier tous les volumes de l’Histoire naturelle. Son ami zoologiste, le comte Bernard-Germain de La Cépède, se charge de continuer la partie de l’Histoire naturelle qui traite des animaux et notamment des reptiles, qu’il publie en 1788-1789, puis il poursuit avec une Histoire des poissons (1798-1803) et une Histoire des cétacés (1804).

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Le Buffon illustré, à l'usage de la jeunesse, contenant une description très complète des mammifères, oiseaux, poissons, reptiles, insectes et coquilles, par A. de Beauchaînais (A. Bordot). – Paris, T. Lefèvre – in-8.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Sanvoisin, cote GS-10479

A partir du 19e siècle, l'Histoire naturelle fait l'objet d'un grand nombre d'adaptations pour les enfants comme pour les adultes. Beaucoup d'éditeurs et de libraires se spécialisent dans la production et la vente de livres pour enfants, à l'instar de Théodore Lefèvre, qui propose un grand nombre d'alphabets, d'ouvrages pour apprendre la lecture ou l'écriture ou encore d'ouvrages de géographie et de sciences pour les enfants dans sa librairie. Parmi les éditions de l’Histoire naturelle pour les enfants publiées au 19e siècle, certaines sont assez luxueuses, comme celle de Théodore Lefèvre, éditée par Emile Guérin à Paris. Réalisée autour des années 1880, elle est très richement illustrée, avec des vignettes et des planches dans et hors texte. Certains exemplaires (mais pas tous) comportent même des planches colorées à la main, comme c’est le cas pour celui conservé à la Médiathèque Samuel Paty. La reliure varie aussi d’un exemplaire à l’autre : certains sont reliés en percaline rouge avec décor noir et or, d’autres plus sobrement en demi-chagrin vert.

L’ouvrage a été adapté par Anatole Bordot, sous le pseudonyme d’A. de Beauchainais, auteur et adaptateur de plusieurs ouvrages, notamment pour la jeunesse. L’édition est découpée en plusieurs parties, qui ne reprennent pas nécessairement celles de l’Histoire naturelle : les mammifères (dont les animaux domestiques, carnassiers, sauvages…), puis les oiseaux divisés en sous-familles (aigles, vautours, buses, oiseaux nocturnes, merles etc.) suivi des reptiles et des poissons et enfin les mollusques, crustacés et insectes. Chaque animal est décrit sur environ une page et presque chaque page est agrémentée d’une illustration. Les lionnes, les loups, les sangliers, les gorilles, les éléphants, les boas et quelques autres animaux font même l’objet d’une illustration pleine page.

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Le Buffon de l’enfance. – Paris, Marcilly. – In-8 oblong.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Sanvoisin, cote GS-31988

Intitulé simplement Le Buffon de l'enfance, ce livre miniature est lui aussi une adaptation pour les enfants de l'Histoire naturelle.  Il s'adresse à un public plutôt très jeune, si l'on en juge par la simplicité du texte et des images. Il a un format oblong (ce qui signifie qu'il est plus large que haut), qui est particulièrement adapté pour la mise en page de textes courts et de gravures. Il contient 5 planches gravées hors texte qui ne sont pas signées. Chacune représente quatre animaux. La qualité de la réalisation suggère que les exemplaires de cette édition étaient vendus à faible coût : ce livre est un bon exemple de la production de livres pour enfants plutôt bon marché, à l'inverse de l’autre ouvrage présenté en vitrine.

C'est un petit livre mystérieux, puisque l'on ignore aussi bien qui est l'adaptateur du texte, qui est le dessinateur des illustrations et qui est le graveur. La date d'édition n'est pas non plus mentionnée. On sait en revanche que l’éditeur, Marcilly, est à l'origine d'un grand nombre de petits livres de ce genre destinés aux enfants. On sait également que Marcilly a reçu une formation de graveur en taille-douce et en lithographie : c’est peut-être lui qui a réalisé les planches gravées de cet ouvrage.

Cet ouvrage témoigne bien de trois modes ou tendances grandissantes au XIXe siècle : celle des livres pour enfants, celle des livres de petit format et celle de la vulgarisation scientifique.  Les fonds patrimoniaux de la médiathèque abritent ainsi près d'une vingtaine d'éditions différentes de l'œuvre de Buffon adaptée pour les enfants ou les familles. L'édition présentée ici est devenue rare : seuls trois exemplaires, dont celui conservé à Moulins, sont recensés en France.

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On continue d’illustrer l’expo de Frank Pizon, avec de nouveaux livres !

Au programme ce mois-ci deux livres d’époques complètement opposées : un livre du 16ème illustré de magnifiques gravures sur bois, qui a près de 470 ans, et un Buffon, adapté pour les familles, daté de 1913, avec déjà des illustrations en couleur, dues à Benjamin Rabier, (le père de la Vache qui rit), créateur génial et plein d’humour !

Conradi Gesneri,... Historiae animalium = Histoire des animaux, tome trois sur les oiseaux de Conrad Gesner.- Zurich : chez Christoph Froschauer, 1555.- [34]-779 p. : gravures sur bois ; in-fol.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, cote 23408

Cette histoire des animaux, qui date du 16ème siècle, est considérée comme le premier ouvrage de zoologie moderne, elle cherche à décrire tous les animaux connus. Le tome ici exposé est le 3ème, consacré aux oiseaux.

Son auteur Conrad Gessner est né à Zurich en 1516, est un savant humaniste qui va étudier différentes disciplines : la linguistique, la botanique, la médecine, la zoologie.

Il cherche à rassemble les connaissances zoologiques de l’Antiquité ou du Moyen Âge et celles de son temps, mais il ne se contente pas de compiler il essaie dans la mesure du possible d’enrichir ses travaux par l’observation directe de la nature, grâce à ses différents voyages naturalistes. Les découvertes les plus récentes, et notamment les animaux ramenés du Nouveau Monde, y sont intégrées.

Dans ce volume Gessner distingue 217 espèces d'oiseaux, chacune illustrée par une gravure sur bois. Il décrit l'apparence, l'anatomie, la distribution, le comportement, son usage dans la littérature ou sa place dans la mythologie. Il est le premier à décrire et illustrer scientifiquement l’ibis chauve.

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Le Buffon de Benjamin Rabier. - [Paris] : Garnier, [1913]. - 1 vol. 250 fig., 35 pl. en coul. ; 33 cm.
Médiathèque Samuel Paty, fonds Sanvoisin, cote GS-32567

Les dessins de Benjamin Rabier apportent beaucoup de fantaisie à ce texte, composé d'extraits de Buffon et de Lacépède réunis par Auguste Dubois, appelé le Buffon des familles.

Que ce soit dans des compositions en couleurs en pleine page ou dans des vignettes en deux couleurs insérées dans le texte, les animaux sont souvent représentés en train de rire ou dans des situations cocasses qui contrastent avec le texte. Leur regard est tourné vers le lecteur pour attirer son attention.

Né en 1864 à la Roche-sur-Yon, Benjamin Rabier reçoit dès l’âge de 15 ans le prix de dessin de la ville de Paris. Il doit interrompre ses études pour travailler et exerce différents métiers. Il continue néanmoins à dessiner et grâce à l’appui du dessinateur Caran d’Ache il publie dès 1889 dans des revues, notamment pour l’Assiette au beurre, le Rire, le Chat noir

En parallèle de ses travaux destinés aux adultes, il se lance dans le dessin pour les enfants et publie dans la Jeunesse illustrée avec un style très innovant, jouant sur les formats des vignettes et allant même jusqu’à se passer du texte.

Son univers est vite parsemé d’animaux. En 1906 il publie une édition très illustrée des Fables de La Fontaine, puis illustre ensuite les Histoires Naturelles de Jules Renard, le Roman de Renart… et ce Buffon des familles en 1913.

En 1921 le fromager Léon Bel fait appel à lui pour dessiner la vache qui doit décorer ses boites de fromage et qui deviendra la très célèbre Vache qui rit toujours présente dans les rayons et à peine relookée.

En 1923 il crée le personnage de Gédéon le canard qui fera l’objet de 16 albums, jusqu’à la mort de son créateur en 1939.

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Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe... par Mlle Marie Sybille de Merian... 3e édition revue... et... augmentée par M. Buch'oz,... à laquelle on a joint une 3e partie qui traite des... plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées.- Paris : L.-Desnos, 1771.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, don du lycée Banville, cote R-BANV-FOL-18820

Maria Sibylla Merian, née à Francfort-sur-le-Main le 2 avril 1647, morte à Amsterdam le 13 janvier 1717, est une naturaliste et artiste-peintre.

Elle a mis son talent de dessinatrice, acquis au sein d'une famille d'éditeurs et d'illustrateurs célèbres, au service des observations naturalistes très détaillées qu'elle conduisit notamment sur la métamorphose des papillons. Elle vécut entre l'Allemagne et les Pays-Bas et fit un grand voyage exploratoire au Surinam dont elle a tiré la matière de son ouvrage le plus important et le plus célèbre sur les métamorphoses des insectes. Longtemps méconnue, elle est aujourd'hui considérée, en raison de la qualité de son œuvre artistique et scientifique, comme une importante figure de l'histoire naturelle de son époque. L'Allemagne redécouvrit son travail et lui rendit hommage au XXe siècle, en particulier en apposant son portrait sur les derniers billets en Deutsche Mark.

Cet ouvrage est illustré de magnifiques planches gravées sur cuivre dont certaines sont rehaussées de couleurs.

Il est entré dans les collections de la bibliothèque de Moulins lors d’un don du lycée Banville effectué dans les années 50.

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Histoire naturelle des orangers par A. Risso,... et A. Poiteau,... - Paris : Impr. de Mme Hérissant Le Doux, 1818. - 1 vol. (280 p.) : pl. en coul. ; in-fol.
Médiathèque Samuel Paty, fonds ancien, 23310 et 23311

Cette histoire des orangers comporte 109 planches gravées au pointillé, imprimées en couleur et finies au pinceau. Il est l’œuvre d’Antoine Risso et Pierre-Antoine Poiteau.

Antoine Risso est un naturaliste niçois, né en 1777. Contemporain d’Esprit Requien, il se passionne comme lui pour la botanique, dès l’âge de 11 ans, sous la tutelle du professeur Giovanni Battista Balbis. Il fréquente durant sept ans la compagnie d’Augustin Balmossière Chartoux, apothicaire qui avait réalisé le premier herbier de la région niçoise vers 1780. A l’âge de vingt-six ans, le voilà pharmacien, profession qu’il exerce jusqu’en 1826. Il installe son officine dans sa ville natale et fournit les médicaments aux divers officiers de santé de la région et des régiments militaires. Il enseigne ensuite les sciences physiques au lycée de Nice et enfin la chimie médicale et la botanique pour les étudiants des écoles de médecine et de pharmacie à partir de 1832.

Sa réputation de scientifique étant déjà établie, le Ministère de l’intérieur prend contact avec lui, en 1811, pour établir un rapport sur les limites de la culture des oliviers et des orangers dans la région de Nice. Risso compose une réponse intitulée Mémoire sur l’histoire naturelle des orangers, bigaradiers, limetiers, cédratiers, limoniers ou citronniers cultivés dans le département des Alpes-Maritimes qui sera publié en 1813 dans les Annales du Museum avec 2 planches en noir et blanc : oranger de Nice et cédratier de Provence. Ce petit ouvrage est le prélude à celui-ci. En mai de cette même année, Risso se rend à Paris pour la première fois et y rencontre l’illustrateur Pierre-Antoine Poiteau, déjà connu. Il y réside pendant 4 mois. Grâce à ce double talent de la description méthodique moderne et de la représentation iconographique, la publication de L’histoire naturelle des orangers débute en 1818 jusqu’à 1822 avec 19 livraisons.

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Les mois de novembre et décembre ont été consacrés à la présentation de livres des éditions Ipomée, maison d'édition créée à Moulins par Nicole Maymat en 1973.