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La Médiathèque Samuel Paty conserve plusieurs fonds musicaux et un piano de concert.

Sommaire

Le Fonds Albert Sarrazin

La Médiathèque Samuel Paty possède un fonds de partitions et un piano de concert venus du mécène musical Albert Sarrazin, donnés à sa mort par sa sœur, en 1970.

Plus tard, les archives de la société musicale qu’il avait créée, Les Amis de la Musique, ont été versées aux archives municipales de Moulins, et le fonds de partitions de la société a rejoint le fonds Sarrazin. Deux éditions originales de partitions de Christoph Willibald Gluck (Iphigénie en Tauride, Paris, 1779 et Orphée et Eurydice, Paris, 1774), annotées par Vincent d’Indy, sont venues enrichir ce fonds en 1992. Un dernier lot de partitions a complété l’ensemble en 1995.

L’élève de la Schola cantorum

Albert Sarrazin est né à Moulins en 1886. Il suit des études de Droit à Paris, et soutient sa thèse le 24 février 1909. Parallèlement, il mène des études musicales à la Schola cantorum où il est élève dès 1908.

La Schola cantorum est une école libre d’enseignement musical fondée le 6 juin 1894 par Alexandre Guilmant, Charles Bordes et Vincent d’Indy et ouverte le 15 octobre 1896. Son but est de remettre à l’honneur la musique ancienne, plus particulièrement grégorienne et palestrinienne1, mais aussi la musique dite aujourd’hui « baroque ». Si on la crédite généralement de cette redécouverte, il ne faut pas sous-estimer la part qu’y ont prise antérieurement l’Ins­titut royal de musique religieuse d’Alexandre Choron (1818), certaines maîtrises de diocèses ul­tramontains comme celles de Moulins ou de Langres dès le milieu du 19e siècle, puis l’école Niedermeyer fondée en 1853. On n’oubliera pas non plus, en ce qui concerne la renaissance du chant grégorien, le rôle décisif qu’a joué le « mouvement liturgique » impulsé vers 1830 par dom Prosper Guéranger, restaurateur du monachisme bénédictin à Solesmes, lui-même inspiré du « mouvement cécilien » de Carl Proske à Ratisbonne.

À côté des musiques anciennes, la quête des musiques régionales traditionnelles a occupé une place importante chez de nombreux Scholistes. Vincent d’Indy en Vivarais et Bourbonnais, Charles Bordes dans le Pays basque, suivis de Joseph Canteloube en Auvergne, Marguerite Gauthier-Villars en Dauphiné et Bourbonnais – pour ne parler que d’eux – ont chacun à leur actif le recueil et l’harmonisation de chants populaires ré­gionaux, dont les compositeurs tireront une partie de leur inspiration. Chez Séverac, autre grand Scholiste, cette inspiration ne passe pas par la collecte ethnographique mais illumine Cerdaña et En Languedoc. Ce double intérêt pour la musique ancienne et la musique traditionnelle n’est pas contradictoire. Certes, il est sans doute difficile d’adhérer aux comparaisons qu’établit Charles Bordes entre le chant grégorien et le chant basque. On conçoit davantage que pour Séverac, la chanson populaire, prototype de la mélodie, doive être naturellement à la base des musiques de contrapunctistes héritiers de la Renaissance comme l’est, à ses yeux, Vincent d’Indy : dans la vision de ces musiciens, plain chant et chanson populaire régionale se rejoignent dans un « retour aux sources » censé revitaliser la création musicale. En effet, un autre but de la Schola est d’encourager la composition d’une musique religieuse moderne, mais puisant dans la tradition.

L’enseignement de l’école consiste en des cours élémentaires gratuits, des cours supérieurs payants et des cours du soir ou cours populaires. En 1905, elle compte 300 élèves, 400 en 1912, 500 en 1924. La Schola publie aussi une revue, La Tribune de Saint-Gervais, ainsi nommée parce que c’est la maîtrise de l’église Saint-Gervais de Paris et son maître de chapelle, Charles Bordes2, qui ont été en partie les initiateurs de la Schola. Parmi ses fondateurs, Vincent d’Indy prend une place prépondérante et assure seul la direction de l’école de 1900 à 1931. Albert Sarrazin y obtient un diplôme de contrepoint dans la classe d’Albert Roussel en 1911, et suit pendant quatre ans les cours de composition de Vincent d’Indy dont il deviendra un ami.

À la Schola appartiennent nombre de compositeurs qui marqueront le 20e siècle. Parmi les professeurs et les élèves, on compte Isaac Albéniz, Georges Auric, Joseph Canteloube, Maurice Duruflé, Olivier Messiaen, Albert Roussel, Erik Satie, Déodat de Séverac, Joaquín Turina, Louis Vierne. Jean Cras, qui s’était inscrit, fut dissuadé d’y entrer par son maître Henri Duparc.

Les Amis de la Musique

Albert Sarrazin n’épouse pas une carrière musicale. La disparition de son frère – qui serait mort à la Guerre - l’oblige à reprendre l’étude notariale familiale de Moulins, rue de la Flèche. Il s’y établit en 1920. Il ne renonce pas à la musique pour autant et reste en contact avec la Schola parisienne. En 1920, il fonde la Société des Amis de la Musique, destinée à organiser des concerts de musique profane et sacrée à Moulins. Très imprégnée de l’idéal scholiste, cette association se situe, sinon dans l’obédience, du moins dans le sillage de l’école parisienne. Celle-ci a cherché très tôt à se développer en province par des « tournées de propagande » et la création de scholas affiliées, comme celle que Charles Bordes a installée à Montpellier. En 1914, Vincent d’Indy a décerné le nom de Schola cantorum de Nantes aux chœurs de Nantes après les avoir dirigés dans la Passion selon saint Jean de Bach.

Cependant, l’association d’Albert Sarrazin n’éclot pas en terrain vierge. Elle s’inscrit dans une pratique de la musique sacrée ancienne imposée à Moulins, depuis plus d’un demi-siècle, par la maîtrise de la cathédrale. Celle-ci, conseillée par Charles Gounod, a été l’une des premières à adopter ce répertoire sous la direction de Mgr de Conny et de l’abbé Chérion, lequel succédera plus tard à Gabriel Fauré à la maîtrise de La Madeleine. Dès 1868, la maîtrise de Moulins disposait ainsi des parties séparées d’une Missa brevis de Palestrina et d’un Liber motetorum édité par Desrosiers, mettant à la disposition des chœurs de la cathédrale des œuvres vocales de la Renaissance3. Lorsqu’en 1905, les Chanteurs de Saint-Gervais se proposent de venir donner des concerts à Moulins, et que la Schola parisienne tente d’y essaimer ainsi qu’à Vichy et Montluçon, les échanges avec la maîtrise et le clergé bourbonnais ne sont pas exempts de rivalité4.

 

 

Albert Sarrazin. Photo parue dans l'article Marguerite Gauthier-Villars : 1890-1946 : une musicologue en Bourbonnais par Jean-François "Maxou" Heintzen. Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, 2014. Collection particulière.

Peu avant l’initiative d’Albert Sarrazin, l’Abbé Lionnet, ancien élève de la Schola parisienne, avait créé la Schola de Moulins après avoir animé un groupe de « Noëllistes », jeunes filles d’abord réunies autour de l’abbé Roussat. C’est ce dernier, devenu directeur de la maîtrise de Moulins, qui semble avoir convaincu Albert Sarrazin de fonder Les Amis de la Musique et de faire fusionner ces formations. De ce fait, un certain nombre de partitions de musique sacrée ancienne des Amis de la Musique portent le cachet : « Schola Moulins » ou « Schola Noëlliste ». Ces appellations cohabiteront : à plusieurs reprises, dans les programmes des Amis de la Musique, on trouve la mention « Schola de Moulins (Société des Amis de la Musique) » : par exemple, en 1934, pour la démonstration de chants et danses populaires du Bourbonnais de la soirée de gala qui clôt le 22ème Congrès national de la Mutualité agricole à Moulins ; ou en 1936, pour l’exécution du Chant de la cloche de Vincent d’Indy à l’opéra de Vichy par 200 exécutants des « chœurs mixtes de la Schola de Moulins (Sté des Amis de la Musique). Comme le dit Luc Dunias, spécialiste de la musique sacrée dans le diocèse de Moulins, « Il n’est pas interdit de voir dans les Amis de la Musique le couronnement de l’œuvre de la Maîtrise fécondée par l’apport de la Schola cantorum ». Prenant la relève de la maîtrise, sans toutefois être une association confessionnelle, les Amis de la Musique trouvaient donc dans la cité bourbonnaise un terreau favorable et, sans doute, nombre d’exécutants et d’auditeurs formés à ce répertoire. Cette genèse explique l’alternance de concerts sacrés et de concerts profanes aux Amis de la Musique

Les concerts qu’organise Albert Sarrazin font intervenir différents niveaux d’interprètes. En premier lieu, des solistes de renom international, comme la pianiste et pédagogue Blanche Selva, professeur à la Schola de Paris. Son amitié avec Albert Sarrazin sera durable : confrontée à des difficultés financières et un état de santé déclinant, elle sera accueillie par lui durant deux années à Moulins (1937-38), logeant à l’hôtel de l’Allier, dont Albert Sarrazin règle discrètement les notes5. Au fil des programmes, on trouve les noms du pianiste Marcel Ciampi, du violoncelliste Jean Witkowski, du quatuor Calvet, du Quintette instrumental de Paris… Par ailleurs, Albert Sarrazin s’appuie sur des professionnels et des amateurs locaux, comme le flûtiste et organiste Pierre Chalmin. La pratique encore vivace de la musique classique comme « art d’agrément » dans la société moulinoise lui permettra de réunir, pour certaines exécutions, entre 200 et 300 interprètes.

De grands compositeurs à Moulins

Les relations qu’Albert Sarrazin a conservées avec la Schola l’autoriseront à solliciter, pour venir diriger chœur et orchestre des Amis de la Musique, Vincent d’Indy lui-même, puis d’autres compositeurs qui parfois créeront leurs œuvres personnelles à Moulins : ainsi, au cours du temps, Ropartz, Roussel, Honegger, Dutilleux ou Messiaen.

Vincent d’Indy n’a pas oublié son ancien élève. Comme ce dernier s’en explique dans l’article nécrologique qu’il écrit en mémoire de son maître :

« Ayant été informé de la bonne volonté qu’on avait dans notre ville et de la présence d’un de ses anciens élèves, il accepta de diriger le 4 mai 1922 aux “Amis de la Musique” un concert de musique de chambre et d’y concourir lui-même en jouant la partie de piano de son Trio et plusieurs pièces des Tableaux de voyage ».
 

Vincent d’Indy viendra ensuite deux fois par an à Moulins, de 1923 à l’année de sa mort en 1931. Il y dirige les concerts et donne des conférences, par exemple sur « L’Opéra français au XVIIIe siècle » le 19 décembre 1929, ou le 13 mai 1930, sur « la Messe en Si mineur » de J.-S. Bach, suivie de l’exécution de cette Messe sous sa direction. Il offrira à Albert Sarrazin l’une de ses baguettes de chef d’orchestre, donnée en 1923 par son élève le compositeur roumain Georges Simonis (1895-1971) (Moulins, Fonds Pierre-Bassot).

Aux obsèques de d’Indy, Albert Sarrazin propose à Joseph-Guy Ropartz de prendre sa suite pour venir diriger les concerts annuels des Amis de la Musique. Joseph-Guy Ropartz est alors l’un des compositeurs français les plus en vue. Né à Guingamp en 1864, à la fois poète, critique, compositeur, il est engagé aux côtés de Tiercelin dans le mouvement régionaliste breton6. Il a dirigé le conservatoire de Nancy puis celui de Strasbourg. Il accepte la proposition d’Albert Sarrazin et se rend à Moulins la première fois le 3 mai 1932 pour conduire Les Béatitudes de Franck à la tête de 150 exécutants. Il livre ensuite ses impressions :

« Les chœurs savent et ne marchent pas mal du tout. Mais l’orchestre ! J’ai fait deux répétitions avec un effectif plus que restreint et fort incomplet. On me promet des renforts pour les répétitions générales et l’exécution, Mais mon sentiment est que malgré lesdits renforts, ce ne peut être bon ».7

Au prix de neuf répétitions par formations séparées, et en faisant appel à deux solistes extérieurs, le compositeur obtient cependant des résultats qu’il juge satisfaisants8 et lui permettent de programmer dès la saison suivante la Passion selon saint Mathieu. Le 2 mai 1934, il dirige le Requiem de Fauré, son propre Psaume 136 et le poème symphonique Rédemption de César Franck, avec soli, chœur et orchestre représentant 220 exécutants, dans la salle des fêtes du Pensionnat Saint-Gilles. Le 10 avril 1935, il donne la Passion selon saint Jean, œuvre qu’il a été le premier à diriger en France, avec 200 exécutants. Le concert est radiodiffusé et doublé d’une deuxième représentation consacrée aux œuvres de musique de chambre de Franck et de Ropartz, et à des œuvres vocales comprenant ses propres harmonisations de chants populaires bourbonnais. En 1936, il dirige Hippolyte et Aricie de Rameau, interprété sur instruments anciens, et l’année suivante la messe en Ré de Beethoven.

Âgé, devenu presque aveugle, il se tient encore au courant des concerts des Amis de la Musique à Moulins : quelques années avant sa mort, survenue en 1955, il adresse une carte postale aux chambristes des Amis de la Musique, « Messieurs Chalmin, Bidet, Reynaud, Madriasse et Pottier » :

« Tous mes remerciements aux instrumentistes du Quintette à vent pour l’exécution des deux pièces dont l’excellence m’a été signalée par Monsieur Sarrazin et pour l’aimable souvenir accompagnant l’envoi du programme » (il s’agit vraisemblablement des Deux pièces pour quintette à vent de 1924)9.

Le fonds de partitions

Le répertoire des Amis de la Musique, à en juger d’après le fonds de partitions et les programmes des concerts, correspond en tout point à celui de la Schola parisienne et s’en revendique explicitement.

Il puise d’abord, comme c’est prévisible, dans la musique ancienne ou « baroque ». On y trouve des messes de Palestrina, des répons d’Ingegneri, Vittoria, des œuvres de Schütz, Carissimi, Monteverdi. Aux messes et cantates de Bach, particulièrement ses célèbres Passions, s’ajoutent les œuvres de Couperin, Charpentier et Rameau, sans oublier le moulinois Antoine Dauvergne dont on donne Les Troqueurs le mardi 15 mai 1928.

Outre la musique ancienne, les partitions et les programmes moulinois révèlent une forte proportion d’œuvres de l’école franckiste : César Franck lui-même, qui fut le maître de Vincent d’Indy, Guillaume Lekeu, Ernest Chausson, Henri Duparc, Louis Vierne, à côté des œuvres de professeurs ou d’élèves de la Schola : Charles Bordes, Déodat de Séverac, Paul Le Flem, Pierre de Bréville, René de Castéra, et surtout Vincent d’Indy et Joseph-Guy Ropartz.

Enfin, le répertoire régionaliste est d’autant plus présent à Moulins, qu’il est en partie composé de chants recueillis en Bourbonnais, notamment par Paul Duchon et par une élève de la Schola de Paris, Marguerite Gauthier-Villars, d’ascendance bourbonnaise, à l’occasion de ses séjours au château de Nomazy10. Pour leur exécution publique, ces chants sont harmonisés, certains par Vincent d’Indy lui-même et d’autres par Marguerite Gauthier-Villars. Cette dernière connaît bien Albert Sarrazin. Le fonds des Amis de la Musique contient ses partitions « folkloriques », à côté de celles de Canteloube et d’Indy. On découvre aussi qu’Albert Sarrazin lui-même a harmonisé des chants bourbonnais (programmes, 1930, 1932). Relevons que Joseph-Guy Ropartz, sensible aux traditions régionales à travers sa Bretagne natale, a également harmonisé, pour chœur à quatre voix mixtes, Six chansons populaires du Bourbonnais en 1934.

Le répertoire des Amis de la musique ne se limite cependant pas au répertoire scholiste. Albert Sarrazin, suivi par les solistes qui l’entourent comme Pierre Chalmin à la flûte, manifeste une curiosité pour toute la musique française (ou apparentée) alors contemporaine. C’est ainsi que sont programmés des œuvres de Fauré, Debussy et (un peu moins souvent) Ravel, mais aussi de Jean Cras (en 1929, 1935…), du franco-belge Victor Vreuls (1933), de Max d’Ollone, Reynaldo Hahn (1922), Josef Jongen (1925), Henri Büsser et Philippe Gaubert (1927), Nadia Boulanger (1923), Florent Schmitt (1924), Gabriel Pierné (1930), Georges Migot (1926), Albert Roussel (1926) jusqu’à Arthur Honegger (1925 et 1929). Ces choix témoignent en faveur du discernement d’Albert Sarrazin, car ces compositeurs, alors en vogue, sont aujourd’hui redécouverts mais encore loin d’être aussi présents dans la programmation de nos festivals. Dans son article nécrologique sur Albert Sarrazin, Bernard de Fournoux écrivait :

« Si parfois la composition des programmes paraissait a priori un peu rebutante à certains, on était obligé de s’incliner, le concert terminé : la beauté ou le caractère inédit des œuvres exécutées s’imposaient à tous. On se souviendra encore longtemps de la passionnante audition, en mars 1966, de l’Harawi d’Olivier Messiaen, commenté par le compositeur lui-même »11.

La collection de 1571 partitions a été cataloguée : elle est référencée dans le catalogue en ligne de la Médiathèque Samuel Paty et signalée dans le Catalogue collectif de France.

Le piano grand queue Érard d’Albert Sarrazin

Légué à la Ville de Moulins en même temps que le fonds de partitions des Amis de la Musique, le piano d’Albert Sarrazin est un grand queue Érard n°2 à placage de palissandre, de 7 octaves ¼ (88 notes La – Do), livré à Moulins le 12 juillet 1907 chez M. Kimpel Fils12 (registres d’Érard).  Il a été inscrit aux Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 14 février 2013. Restauré et replacé dans la salle d’animation de la médiathèque en 2013, il y est joué régulièrement pour des concerts.

  

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Bibliographie :

Outre les sources citées dans les notes de l’article, ont paru plusieurs articles consacrés à Albert Sarrazin :

G., A.M. « Portrait d’un homme inspiré Albert Sarrazin 1886-1970. L’homme par qui la Musique s’est épanouie à Moulins », photocopie d’un article sans référence.

TISON, Pierre. « Albert Sarrazin, une grande figure moulinoise qui a attaché son nom aux Amis de la Musique », résumé d’une conférence à la Bibliothèque municipale de Moulins, La Montagne éd. de Moulins, 8 avril 1970.

POTTIER, Jacques. « Me Sarrazin (1886-1970) et son message… ». Les Cahiers Bourbonnais, 3ème trim. 1970, n°55, p. 200-201.

TRAPES, Bernard. « Maître Albert Sarrazin. Un mécène pour le XXe siècle ». Bulletin de la société d’émulation du Bourbonnais, 2ème trim. 1990, p. 97-107.

DE FOURNOUX, Bernard. « Hommage à Albert Sarrazin (1886-1970) ». Bulletin de la société d’émulation du Bourbonnais, 4ème trim. 1970, p. 211-215.

Du nom de Giovanni PierLuigi da Palestrina (1525-1594), maître de chapelle à St Pierre de Rome, auteur de plus de 100 messes, 250 motets, considéré comme le père de la musique sacrée catholique. La légende s’en est emparée en en faisant celui qui, grâce à sa messe en hommage au pape Marcel II, avait emporté l’adhésion du Concile de Trente en faveur du maintien de la polyphonie. - Reprendre la lecture
Charles Bordes (1863-1909) s’initie au chant grégorien et polyphonique au collège jésuite Saint-Grégoire de Tours. Élève de Franck au conservatoire de Paris pour l’écriture et l’orgue, il obtient en 1889 une bourse du ministère de l’instruction publique et des beaux-arts pour une mission d’étude du chant populaire basque. Son œuvre instrumentale est marquée par cette enquête ethnomusicologique (Suite basque pour flûte, 2 violons, alto et violoncelle op. 6, Rapsodie basque pour piano et orchestre op. 9, Euskal Herria, Danses, marches et Cortèges populaires du Pays basque espagnol). Il compose également des mélodies entre 1884 et 1903. Il délaissera la composition pour se vouer à une véritable « croisade » pour la propagation de la Schola en province. - Reprendre la lecture
Liber motetorum ad usum ecclesiae cathedralis molinensis, Moulins, Desrosiers, 1868 (Fonds Pierre-Bassot). Le recueil compte trente motets de divers auteurs du XVIe siècle, pour la plupart italiens. Palestrina et Victoria occupent à eux seuls près de la moitié du recueil. C’est dans les parutions de Musica divina de Ratisbonne et du père Carl Proske, parus dans les vingt années précédentes, que les responsables de la Maîtrise de Moulins ont puisé ce répertoire. - Reprendre la lecture
La Tribune de Saint-Gervais traite avec beaucoup de condescendance les prétentions de la maîtrise de Moulins à l’occasion des Assises musicales religieuses de Clermont-Ferrand (11ème année, 1905, p. 219-221). Elle souligne que l’exécution de la Messe du pape Marcel le lundi de Pentecôte à Saint-Pierre de Moulins par les Chanteurs de Saint-Gervais, lors de leur « tournée de propagande », a été contrariée : « …la maîtrise de Moulins […] a fait ce qu’elle a pu pour entraver l’audition des chanteurs dans la capitale du Bourbonnais. » (Ibid., p. 253). - Reprendre la lecture
Guy Selva, Une artiste incomparable. Blanche Selva, pianiste, pédagogue, musicienne, La Touche, Association Blanche Selva, 2010, p. 195, photo p. 115. - Reprendre la lecture
Ropartz laisse 165 numéros d’opus, parmi lesquels des œuvres dramatiques (Le Pays – hommage à sa patrie bretonne –, Œdipe à Colonne), des ballets, six symphonies, sept poèmes symphoniques, une abondante et remarquable musique de chambre, des mélodies et des pièces pour piano. Sa contribution à la musique sacrée est également notable : un Requiem (1937-38), des airs sacrés, des psaumes, des messes brèves. - Reprendre la lecture
Lettre à Fernand Lamy, 1er mai 1931, coll. part., citée par Mathieu Ferey et Benoît Menut, Joseph-Guy Ropartz ou le pays inaccessible, Genève, éd. Papillon, 2005, p. 118. - Reprendre la lecture
Mathieu Ferey et Benoît Menut, Ibid., p. 118-119. - Reprendre la lecture
Moulins, Fonds Pierre-Bassot, don Chalmin. - Reprendre la lecture
À propos de cette musicienne, compositrice, ethnomusicologue et auteur de collectes de chants en Dauphiné et Bourbonnais, on lira la remarquable étude de Jean-François Heintzen, « Marguerite Gauthier-Villars (1890-1946), une musicologue en Bourbonnais », Bulletin de la société d’émulation du Bourbonnais, 1er trim. 2014, p. 36-66. - Reprendre la lecture
B. de Fournoux, 1970, p. 213. - Reprendre la lecture
Étienne Antoine Kimpel dit Kimpel Fils, appartient à une famille de facteurs de pianos, marchands de musique et luthiers issue de Jean Adam Kimpel, facteur de pianos à Lyon entre 1843 et 1881. Son fils Jean Kimpel s’établit à Moulins, 3 rue Saint-Pierre, vers 1870, vendant des pianos sous sa marque. Étienne Antoine, né en 1871 à Moulins, prend la suite de l’affaire de son père transférée, dans les années 1890, place de l’Hôtel de Ville. Sa qualification principale est celle de marchand de musique. Il vendra, comme son père, des pianos sous la raison sociale « E. KIMPEL Moulins », instruments de sa construction ou plus probablement acquis chez d’autres fabricants qu’il revendait sous son nom. Étienne Antoine Kimpel semble avoir été une personne très active à Moulins, s’impliquant solidement dans son commerce, également comme éditeur, mais aussi intéressé par l’art comme l’atteste l’existence d’une collection Kimpel déposée au musée Anne de Beaujeu de Moulins. L’affaire familiale est reprise par le facteur de pianos vichyssois Démonet en 1922, ce qui explique qu’on dise parfois le piano Érard d’Albert Sarrazin acheté chez Démonet. Renseignements issus de l'article de Jean-Marc Stussi et Lieve Verbeeck disponible sur le site internet https://www.lieveverbeeck.eu/ (consulté le 09/01/2026). - Reprendre la lecture
 

Texte d'Antoine Paillet (12/2025) 

Ils se sont produits à la médiathèque

Parmi les pianistes qui se sont produits sur le piano Erard 1907 depuis la réouverture de la médiathèque en 2013…

  • Mickaël Bardin (2021, 2025)
  • Hélène Bellanger (2017)
  • Pierre Chalmeau (2014)
  • Pierre Courthiade (2018, 2024)
  • Cyril Huvé (2014, 2015)
  • Olivier Laville (2013, 2014)
  • Laurent Martin (2022)
  • Jean-Baptiste Mathulin (2022)
  • Maha Zahid (2022, 2025)
  • Jean-Luc Perrot : improvisation et vidéo du piano Voir la vidéo

Quelques concerts enregistrés

  • Anahid Khatcheressian et Zéphyrin Causin : Récital de piano à quatre mains (05/05/2019) Voir le concert
  • Pierre Courthiade et Hiroé Namba : Récital violon-piano (20/04/2018) Voir le concert
  • France Desneulin : Une heure avec Satie (26/01/2018) Voir le concert
  • Hélène Bellanger : Récital de piano Claude Debussy (24/11/2017) Voir le concert
  • Masumi Nagaya et Nicolas Berbain : Récital de piano et flûte traversière (16/09/2017) Voir le concert

Le fonds Pottier

La vie musicale de Moulins, pendant plusieurs décennies du 20e siècle, a été rythmée par les activités de la Société des Amis de la Musique. Présidée par Albert Sarrazin, un élève de Vincent d’Indy, cette société a organisé de nombreux concerts, invité des compositeurs et interprètes célèbres (Messiaen, Honneger, Blanche Selva...), et légué un fonds de partitions à la médiathèque ; legs complété par celui de partitions et du piano Erard 1907 d'Albert Sarrazin par sa soeur puis par sa fille adoptive.

En 2018, la médiathèque a reçu un don de partitions, revues et livres musicaux de la famille Pottier, très proche de Sarrazin. Cet ensemble complète le fonds Sarrazin. 

Le fonds a été trié, mais doit encore être catalogué.

Le fonds de l'ancienne école de musique

Ce fonds est composé des partitions de l’ancienne école de musique de Moulins, qui ont été récupérées et apportées à la médiathèque pour éviter leur perte lors de la restructuration du bâtiment appelé le palais d’Ansac, qui abrite actuellement le tribunal de proximité. C’est dans ce bâtiment qu’était située l’ancienne école de musique dans les années 1990.

Ce fonds contient des œuvres allant du milieu du 19e au milieu du 20e siècle. On y trouve nombre d’arrangements d’œuvres classiques de grands auteurs, mais aussi des partitions originales. Les partitions sont principalement des partitions pour orchestres et pour orphéons. Les formes les plus représentées par ordre croissant sont la valse, l’ouverture, la fantaisie, la suite d’orchestre et la musique vocale (partitions pour chœur d’homme provenant de l’ancien Orphéon de Moulins). Il faut ajouter à cela quelques ouvrages théoriques (méthodes de solfège, d’instruments) et des partitions pour piano ou piano et soliste (vocal ou instrumental).

Le fonds comporte 114 boîtes dont 92 ont été cataloguées : près de 1250 partitions sont disponibles en consultation sur place.

Les partitions du fonds Sanvoisin

Le fonds Sanvoisin comprend 436 partitions, signalées dans le catalogue en ligne de la Médiathèque Samuel Paty, comme celles du fonds de l'ancienne école de musique et du fonds Sarrazin.

Allant du 19e siècle aux années 1940-1950, ce fonds laisse la part belle à la musique populaire.

Il est majoritairement composé de partitions pour chant et piano. On y croise aussi bien des romances du 19e siècle que des chansons de la Belle Epoque, des airs patriotiques et militaires ou des succès de l'entre-deux-guerres.

Les grands thèmes de la chanson française s'y retrouvent : l'amour, la vie quotidienne, la guerre, le monde rural, le travail, la spiritualité, Paris…

Ce fonds illustre la richesse et la diversité de la production musicale imprimée aux 19e et 20e siècles, à une époque où la chanson faisait partie du quotidien, que ce soit dans les salons bourgeois ou les cafés-concerts, dans les opérettes ou lors des grandes manifestations publiques. Il témoigne des pratiques musicales qui prévalaient avant la démocratisation de la radio dans les foyers.