Il est né à Montluçon en 1807, dans une famille bourgeoise cultivée, ouverte aux idées des Encyclopédistes, à la République et au progrès social, qui lui donne le goût de la lecture dès sa jeunesse.
En 1820, il va poursuivre ses études à Paris, au collège Sainte-Barbe. Plus tard, il s'inscrit à la faculté de droit, sans grande conviction, étant plus attiré par la peinture et le dessin qu’il va pratiquer toute sa vie. Lien vers la numérisation du carnet de dessin
Etudiant peu motivé, il découvre à Paris le mouvement romantique qui va marquer son œuvre. Il devient tout de même avocat en 1829 mais n’exercera jamais cette profession.
De retour à Montluçon en 1830, il est brièvement rédacteur en chef du journal L'album de l'Allier. Il parvient enfin à convaincre Mme Deshays de lui permettre d'épouser sa fille Evelina en 1831 et s'installe avec celle-ci à Bourbon-l'Archambault.
Il devient l'ami de l'imprimeur Pierre-Antoine Desrosiers qui va publier ses Esquisses bourbonnaises en en 1832 : tableaux champêtres et descriptions de monuments illustrés de dessins d'Achille Allier lithographiés. Lien vers la numérisation
Il se passionne pour l'histoire de Bourbon-l'Archambault et du Bourbonnais et sauve de la destruction les ruines du château de Bourbon-l'Archambault dans un vibrant appel publié dans la Gazette constitutionnelle de l'Allier : "Non les tours de Bourbon-l'Archambault ne doivent pas être livrées aux tailleurs de pierre". Il rencontre à plusieurs reprises Victor Hugo qui, touché par ses Esquisses bourbonnaises, envisage un roman qui aurait pour cadre la tour Qui qu'en grogne de Bourbon, projet jamais mené à son terme en raison de la mort prématurée d'Achille Allier.
Grâce à Pierre-Antoine Desrosiers, il rencontre en septembre 1829 Claude-Henri Dufour, qui a accumulé depuis longtemps une énorme documentation écrite et dessinée et avait pour projet une encyclopédie sur le Bourbonnais. Après de longues négociations, Dufour vend à Achille Allier sa documentation, qui deviendra l'Ancien Bourbonnais. Lien vers la numérisation des AD ou d’Overnha
En plus de rédiger le texte et de dessiner quelques planches, Achille Allier va mener beaucoup de démarches en vue de la publication de cette œuvre très ambitieuse pour l'imprimeur moulinois : recherche de souscripteurs, de graveurs, de lithographes… Fort de ses amitiés parisiennes, il va obtenir le soutien de la famille royale, du Ministère de l'instruction, d’imprimeurs, mais aussi du milieu intellectuel parisien avec Victor Hugo, entre autres, qui fera partie des souscripteurs.
Il est bien l'auteur des seize premières livraisons de l'Ancien Bourbonnais mais il ne verra pas la suite de la publication de cette énorme entreprise, puisqu'il meurt subitement d'une congestion cérébrale le 3 avril 1836. Adolphe Michel et Louis Batissier vont poursuivre le travail entrepris, qui sera terminé en 1838.
Parallèlement à ce travail sur l'Ancien Bourbonnais, Achille Allier est à l'initiative de la revue l'Art en province, destinée à mettre en valeur les talents des auteurs et dessinateurs de province, isolés loin de la capitale. Elle sera diffusée jusqu’en Grande-Bretagne et en Russie et publiée par livraison jusqu'en 1859 par l'imprimerie Desrosiers. Lien vers la numérisation
Achille Allier : 1807-1836 /réd. par Paulette Débordes. Ville de Bourbon l'Archambault, 2007.
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