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La famille est originaire du Forez, mais son nom arrive à Moulins en 1760 avec Pierre-Antoine Desrosiers, qu'il ne faut pas confondre avec l'imprimeur. Il épouse la fille d'un armurier moulinois, Catherine Perret, avec laquelle il aura quatre enfants.

Leur troisième fils, Louis-Toussaint, né en 1769, épouse en 1795 Claire Enaut, fille d'un libraire moulinois. Au même moment, il prend la succession de la librairie à laquelle il ajoute un atelier d'imprimerie.

Il vend d'abord les Almanachs et Annuaires de l'Allier. Puis, à partir de 1804, il imprime des affiches pour la préfecture, puis des arrêtés et ensuite les Annuaires de l'Allier.

En 1816, sa fidélité à la monarchie lui permet d’obtenir le titre d'imprimeur du roi à Moulins.

Dès 1814, Louis-Toussaint Desrosiers prévoit la publication d'un important Voyage topographique dans le département de l'Allier, où l'on réunit ce que présente de plus intéressant l'histoire de l'ancien bourbonnais… par Claude-Henri Dufour. On voit déjà poindre les prémices de l’Ancien Bourbonnais.

En 1824, son fils Pierre-Antoine obtient le brevet de libraire et d'imprimeur en lieu et place de son père, qu'il soutenait déjà depuis quelques années. Père et fils travaillent ensemble dans le même esprit puis, en mai 1828, Pierre-Antoine obtient un brevet d'imprimeur lithographe.

Il entreprend alors de moderniser l'imprimerie et envisage de publier des ouvrages illustrés. Sa rencontre avec Achille Allier va lui permettre de concrétiser ce projet.

En 1832 sont publiées les Esquisses bourbonnaises, recueil de croquis accompagnés de petits textes sur quelques monuments de la province du Bourbonnais, par Achille Allier.

En 1829, Pierre-Antoine Desrosiers propose à C.-H. Dufour de prendre en charge les frais pour terminer l'ouvrage qu'il avait commencé avec son père en 1814, mais les deux hommes n'arrivent pas à s'entendre. Achille Allier, habité par son enthousiasme pour sa province natale et son envie de la faire connaître, va donc lui donner l'impulsion de mener à bien ce projet. Ce n'est qu'en 1833 que Desrosiers parvient à racheter à Claude-Henri Dufour son matériel de recherche élaboré pour le projet initial.

De 1833 à 1838, l'Ancien Bourbonnais sort des presses de Desrosiers sous forme de livraisons qui, réunies, donneront deux grands volumes de texte et un volume de 135 planches lithographiées. Quatre cents souscripteurs ont encouragé le projet, dont Victor Hugo, mais ce nombre est insuffisant pour couvrir les frais de cette publication remarquable, rarement complète du fait de la vente au détail des lithographies. Les textes sont dus à Achille Allier, Louis Batissier et Adolphe Michel. Les illustrations sont l'œuvre de Chenavard, Gigoux, Tudot, Sagot … parfois d'après les dessins de Dufour. Les nombreuses querelles qui ont entouré cette publication en montrent bien l'enjeu : l'ampleur du projet, le soin accordé à la typographie, aux décors gravés sur bois et à la qualité de l'illustration rejaillissent sur la notoriété de l'imprimeur et créent sans doute quelques jalousies.

Porté par cet élan et parallèlement à cette publication, Desrosiers lance dès 1835 l'ambitieuse revue l'Art en province, encore sous l'impulsion d'Achille Allier, qui regrette le manque de visibilité des provinces françaises et souhaite « rendre la conversation possible aux artistes de province : nous avons voulu stimuler leur zèle, encourager leurs efforts, défendre leurs intérêts et mettre leur production en lumière. »

Malheureusement, Achille Allier contribuera peu à cette entreprise puisque qu'il meurt en 1836. Cette ambitieuse publication, très illustrée, diffusée en Grande-Bretagne et en Russie, paraîtra par livraisons à 20 centimes jusqu'en 1859.

L'idée en est reprise, à partir de 1841, par des Keepsakes de l'Art en province dédié aux jeunes personnes, livres illustrés très élégants, avec illustrations, tranches dorées, reliures soignées en moire, velours, chagrin ou maroquin… Desrosiers recourt tout d’abord à des auteurs provinciaux mais abandonne toutefois ce principe pour les deux volumes suivants publiés en 1842 et 1843, qui s'ouvrent à des auteurs connus comme Louise Colet, Amable Tastu, Anaïs Segalas ou Marceline Valmore.

Bien qu'ils ne se réclament plus du genre du keepsake, Lis et violette (1843), Les Marguerites (1845), La Corbeille (1846) ou Les Bleuets (1847) sont composés de la même façon, alors que les encadrements se font plus floraux que gothiques. À la différence des ouvrages précédents illustrés de lithographies et/ou de gravures sur bois debout, les illustrations de cette production sont des gravures sur acier anglaises.

L'imprimeur travaille également pour le clergé avec deux livres de prière : l'Ange du fidèle (1838) et le Nouveau mois de Marie (1840), publications ornées de quelques gravures, encadrements de couleur bistre, vert pâle ou bleu qui entourent le texte dans le goût néo-gothique de l'époque romantique, dans de très jolies reliures.

Desrosiers persévère dans cette production de beaux livres illustrés avec l'Ancienne Auvergne et le Velay, dont la publication s'échelonne de 1843 à 1849.

En 1858, il cède ses trois brevets à son fils Charles, qui va poursuivre le travail d'imprimeur mais de manière moins éclatante.

Sources :
Ecole nationale des Chartes, Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXème siècle. (http://elec.enc.sorbonne.fr)

 

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