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Grand nombre de châteaux, demeures ou maisons bourgeoises sont restructurés ou construits au 19e et au début du 20e siècle, dans un style qui s’inscrit dans un nouveau goût pour le Moyen Âge.

Les châteaux et demeures bourgeoises

L’intérêt pour le Moyen Âge a pris une importance particulière en Bourbonnais, ce dont témoigne l’ouvrage L’Ancien Bourbonnais d’Achille Allier. Les recherches « reconstruisent », voire « construisent » l’ancienne province du Bourbonnais qui a connu ses heures de gloire entre le 12e et le début du 16e siècle, période historique qui a donné son identité à la province. La seconde moitié du 19e siècle constitue ainsi un âge d’or de l’architecture castrale en Bourbonnais. Une aristocratie prospère, enrichie par la réorganisation de l’économie rurale, et une grande bourgeoisie en quête de notabilité rivalisent dans la construction de châteaux. Nombreux sont les anciens manoirs et gentilhommières considérés comme trop modestes et inconfortables qui sont agrandis ou reconstruits en prenant soin de conserver une ou deux tours, témoins de l’ancien fief comme au château de Bressolles où subsistent une tour ronde du 13e siècle et une tour carrée avec des meneaux du 15e siècle. Au château de Vallières à Neuvy, subsiste le pigeonnier 15e tandis que les agrandissements du château de Villars à Villeneuve-sur-Allier se font autour du pavillon du 17e siècle. Certains sites sont abandonnés au régisseur au profit d’un château plus moderne. L’exemple le plus marquant est sans doute le château des Melays, construit par Hippolyte Durand au milieu du 19e siècle, face à la gentilhommière du 17e siècle des Vieux Melays. La famille de Champfeu avait racheté l’ensemble du domaine en 1790 et fait construire un château moderne. Barthélémy de La Cazes rachète le château en 1865 et confie la réalisation de la décoration intérieure et du mobilier à Jean-Bélisaire Moreau. Il s’agit d’un des rares châteaux néo-renaissance construit sous le règne de Louis-Philippe en Bourbonnais.

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Ces nouveaux châteaux, grâce à des aménagements de confort, sont plus adaptés au mode de vie des châtelains du 19e siècle. Ils sont édifiés à l’emplacement le mieux situé du domaine et sont entourés de grands parcs qui les mettent en valeur. L’un des premiers grands chantiers sur le territoire du Pays d’art et d’histoire, mais aussi du département de l’Allier, est la restauration-reconstruction du château médiéval de Montaret à Souvigny en 1862-1863 par Jean-Bélisaire Moreau pour Henri-François de Bonand, dans un esprit romantique. Une courtine manquante est reconstituée et un imposant donjon quadrangulaire d’inspiration anglaise est édifié. L’édifice a malheureusement brûlé en 1929. À partir des années 1860, Jean-Bélisaire Moreau est le principal architecte construisant des châteaux dans le département. Monseigneur de Dreux-Brézé fait peu à peu de cet élève et collaborateur de Jean-Baptiste Lassus, son architecte attitré. Dès 1854, il est nommé Inspecteur des travaux de restauration et d’agrandissement de la cathédrale de Moulins. En 1881, il s’associe avec son fils René qui vient d’achever ses études à Paris. À partir de cette date, ils élaborent leurs projets en commun. La renommée et l’activité des Moreau s’étend alors bien au-delà des frontières de l’Allier. Ils reconstruisent le château du Réray à Aubigny, en intégrant deux tours quadrangulaires. On les retrouve aux châteaux de Trévèze à Lusigny, d’Avrilly à Trévol et bien-sûr à Moulins.

Des architectes de renom 

Outre les Moreau, deux autres architectes locaux, Emile Dadole, élève de Lassus, et Honoré Vianne, ont également construits beaucoup de châteaux. Au milieu du 19e siècle, Dadole reconstruit le château de Demoret à Trévol, bâtiment rectangulaire cantonné de tours circulaires de style néogothique et pourvu d’une tour axiale polygonale. Il travaille également au château d’Origny à Neuvy où il élève une tour d’entrée carrée flanquée d’une tourelle d’escalier en brique bicolore. Vianne travaille, sous le Second Empire, à la transformation en château néogothique de la gentilhommière du Colombier à Toulon-sur-Allier.

Paul Selmersheim, neveu et élève d’Eugène Millet, est chargé en 1889 par le comte Guy de Bourbon-Châlus, de la restauration du château de Thoury à Neuvy, ancienne demeure de la duchesse Anne de France, qu’il agrandit considérablement par l’ajout de galeries, d’ailes en retour d’équerre et la construction d’une chapelle.

Le château de Béguin à Lurcy-Lévis est assurément le château néogothique le plus impressionnant et le plus moderne, dont l’architecte n’a pas été identifié. Il a été reconstruit pour l’homme politique Edouard Mathurin Fould, neveu du banquier et ministre des Finances de Napoléon Ier, Achille Fould. L’ancienne résidence d’Anne de France à Yzeure, le château du Parc, a également été reconstruite vers 1890 dans les styles gothique et Renaissance.

Le néogothique castral a perduré dans l’Allier jusque dans les années 1920. C’est seulement en 1928 que les architectes François et Adrien Mitton coiffent d’un haut toit à croupes le château d’Avrilly à Trévol, pour le comte de Chabannes-Tournon, et réhabilitent dans le style Louis XII la façade principale, y compris l’imposant pavillon ajouté en 1875 par Jean-Bélisaire Moreau qui est surélevé et transformé en donjon. On peut également mentionner l’élégance du château de la Barre à Château-sur-Allier, la vue sur le Val d’Allier dont dispose le château de Préviat à Chemilly ou l’utilisation de la brique au domaine de la Bergerie à Saint-Ennemond, aux châteaux de Mirebeau à Trévol ou encore de Plaisance à Yzeure. En 1850 est construit le Chalet à Saint-Martin-des-Lais, demeure de style Napoléon III qui rappelle, en plus modeste, les chalets construits à Vichy pour l’empereur et sa suite. Ces chalets vichyssois ont inspiré quelques propriétaires de l’époque. On retrouve cette référence dans l’architecture du château des Fougis à Lusigny.

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Les projets du 20e siècle

Pour le 20e siècle, on peut mentionner le château de Saint-Martin-des-Lais largement remanié après la Seconde Guerre mondiale et le domaine des Vieux-Murs à Souvigny, demeure construite en 1902 dans le style néo-classique et entourée d’un parc de près de deux hectares. L’architecture s’inspire du Petit Trianon de Versailles. Dès sa construction, la demeure possédait l'eau courante, fournie par une éolienne qui pompait l'eau dans un puits pour remplir une citerne surélevée. Une chaudière à bois à production d'air chaud diffusait la chaleur dans toutes les pièces par un réseau complexe de tuyauteries.