De nombreuses œuvres sculptées du 20e siècle sont réparties sur l’ensemble du Pays d’art et d’histoire de Moulins Communauté, capitale des Bourbons.
Il faut tout d’abord mentionner le nombre important de réalisations issues de la loi de 1951 sur le 1% artistique (les maîtres d'ouvrages publics doivent réserver 1% du coût de leurs constructions pour la commande ou l'acquisition d'une ou plusieurs œuvres d'art spécialement conçues pour le bâtiment considéré). Devant le bâtiment principal du collège de Dornes se trouve ainsi un totem en grès d’Albert Vallet. Le lycée agricole de Neuvy possède quant à lui des œuvres du sculpteur Pierre Sabatier (totem et lave émaillée). Installé à Auroüer, où son atelier est toujours en place, il a beaucoup travaillé en France et à l’étranger dès les années 1960, cherchant le plus souvent à intégrer son œuvre à l’architecture. À l’arrière de l’église de la commune d’Auroüer est conservée la sculpture Génésia réalisée en acier peint en rouge vif et découpé au laser par Pierre Sabatier en 2003. Plusieurs œuvres de l’artiste sont conservées dans des édifices moulinois (Maison des Métiers d'Art et du Design de Moulins Communauté, Conseil départemental de l'Allier, Préfecture de l'Allier, église Sainte-Claire...). Certaines sont également conservées à Yzeure, place de Bendorf et devant le bâtiment des Archives départementales de l'Allier. Cette commune est par ailleurs riche en sculpture contemporaine puisque le jardin de la Baigneuse est orné d’une Baigneuse du sculpteur vichyssois André Tajana exécutée dans les années 1980 et La Sardane de Juan Palau est installée devant le théâtre Yzeurespace.
D’origine catalane, arrivé à Moulins dans les années 1960, Juan Palau a réalisé pour la ville et ses environs un grand nombre de sculptures qui ornent les espaces publics et les ronds-points. Sa sculpture installée au jardin de Grillet à Yzeure, intitulée La Paix et conçue en lien avec l’ensemble du rond-point des Martyrs du quartier de la Madeleine à Moulins, devait prendre place au niveau du pont Régemortes. N’ayant jamais été installée, elle a été donnée à la ville d’Yzeure par l’artiste. L’œuvre au centre du rond-point de Toulon-sur-Allier représente une poterie en deux parties, l’interstice entre les deux formant la silhouette d’un potier, référence à la production de céramiques et de figurines en terre cuite, très importante à Toulon-sur-Allier durant la période gallo-romaine. Une sculpture de Palau représentant une flamme est aussi installée devant la salle des fêtes de la commune. On retrouve d’autres œuvres de l’artiste à Avermes, Bressolles, Neuvy, Trévol. La place centrale de Toulon-sur-Allier est également ornée d’une sculpture en métal réalisée en 2008 à l’occasion du réaménagement urbain et représentant un enfant et un dauphin au centre d’un arbre. L’enfant et le dauphin sont là encore une référence à un type de figurine gallo-romaine produit sur la commune.
Sur le plan religieux, outre l’abondante statuaire des églises, une statue du Sacré-Cœur en métal du sculpteur Moreau domine depuis 1913 le rond-point de la commune de Chevagnes. Quant au monument aux aéronautes de la catastrophe du dirigeable République, réalisé en 1923 à Trévol par Henri Bouchard en souvenir des quatre victimes mortes lors de la chute du dirigeable en 1909, ainsi que le buste du colonel Aimé Laussedat réalisé par François Sicard en 1911, font partie des monuments commémoratifs marquants du Pays d’art et d’histoire. À l’origine installé dans la cour du musée de Moulins, le buste a été sauvé de la destruction durant la Seconde Guerre mondiale et installé dans le parc Laussedat à Yzeure, à proximité de la propriété qui appartenait à la famille Laussedat. Le sculpteur moulinois Pierre Fournier des Corats réalise un monument aux morts original à Saint-Ennemond vers 1924. Une pierre monolithe sculptée représente une femme pensive, allégorie de la France blessée. De même, vers 1920, Louis Galfione représente une jeune fille distribuant des lauriers et des feuilles de chêne, dans une atmosphère vaporeuse sur le monument aux morts de Saint-Léopardin d’Augy. À l’arrière-plan des saules pleureurs évoquent la tristesse et le sein dénudé de la jeune femme est une référence à Marianne. D’autres monuments aux morts sont de belle qualité, comme celui du sculpteur Moretti à Villeneuve-sur-Allier.
