En 1902, la Ville de Moulins reçoit un don de près de 500 livres, parmi lesquels de très beaux livres sur la gravure.
Gaspard Belin-Dollet est né le 20 mai 1839 à Diou, dans l'Allier. Il est le fils de Jean-Baptiste Belin, négociant à Moulins et de Marie Dollet, originaire de Diou.
Après des études au petit séminaire d'Yzeure, puis au lycée de Moulins, il devient percepteur, d'abord dans l'Allier, puis à Paris. Il finit sa carrière en 1899 comme sous-chef de bureau à l'hôtel de ville de Moulins. Parallèlement il se consacre à l'étude et à la pratique de l'art, particulièrement la gravure à l'eau-forte, mais également la peinture et l'aquarelle. Il était membre de la Société des artistes peintres et graveurs français et de l'Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs.
S'il vénère Rembrandt, qu'il transpose à l'eau-forte et sur lequel il écrit une étude qui ne sera jamais publiée, il est aussi l'ami de Millet, Corot et Harpignies.
Son talent pour l'eau-forte lui permet de graver les œuvres de Millet, qui seront très prisées aux États-Unis.
Passionné par la technique il imprime lui-même ses gravures, en restant très attentif au choix de ses papiers et il rédige un traité de gravure et un traité de perspective restés inédits.
Il meurt en 1902. Célibataire sans héritier il lègue par testament à la ville de Moulins pour le Musée sa collection d'œuvres d'art, dont une étude de Corot et plusieurs tableaux de Harpignies en plus de ses œuvres personnelles. A la bibliothèque il lègue sa collections d'ouvrages sur la gravure, comme il l'exprime dans son testament ainsi : "la bibliothèque aura quelques bons ouvrages sur les beaux-arts et sera l'une des plus riches de France en ouvrages sur la gravure."
Effectivement le don de Gaspard Belin-Dollet comporte plus de cinq cents livres, dont certains sont fort rares. Beaucoup de livres sur l'histoire de l'art, la gravure, les différentes techniques de dessin, des recueils de gravures de Boissieu, Rembrandt, Callot, un très grand livre illustré des planches représentant le grand escalier des Ambassadeurs de Versailles, des recueils gravés représentant des fêtes royales …Certains volumes comportent une annotation au crayon de Belin-Dollet attestant de leur complétude, de leur rareté, ou d'informations liés à leur achat.

La Grande bergère, d'après Jean-François Millet, Source Gallica
Il a également légué à l'Association des artistes français une somme de 260 francs de rente à 3 % sur l’État français et soixante-trois obligations anciennes des Chemins de fer de l’Ouest à 3 %. Le produit de ces obligations qui s’élevait à environ 1 000 francs en 1919, a été distribué annuellement par la Société des Artistes français sous le nom de « Prix Belin-Dollet ». Ce prix récompensa entre 1904 et 1943 un artiste ayant présenté au Salon une eau-forte originale ayant pour sujet une scène de l’Ancien ou du Nouveau Testament.
Source : Belin-Dollet / Francis Pérot. Bulletin de la Société d’Émulation du bourbonnais, 1902.

Mendiant aveugle. Eau-forte originale datée de 1887 et signée.
Acquise en juillet 2025 par la Médiathèque Samuel Paty.

Cachet de Belin-Dollet, que l'on retrouve sur certains livres
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